Il y a dix-huit mois, un manufacturier de 320 personnes en Estrie a coupé dix-neuf pour cent de ses effectifs en un après-midi. La PDG — appelons-la Hélène — nous a demandé d'amorcer l'accompagnement de l'équipe de direction restante le lundi suivant.
Ce qui suit est la transcription révisée de notre plus récente conversation, tenue à son usine en mai 2025.
“J'ai sous-estimé à quel point le leadership, après une mise à pied, c'est simplement le fait d'être vu dans l'usine.”
Hélène : La première chose que j'ai mal lue, c'est de penser que ceux qui restaient ressentaient du soulagement. Pas du tout. Ils ressentaient de la culpabilité. Et la culpabilité ne répond pas aux assemblées générales.
Pierre-Marc : Quand as-tu senti le virage?
Hélène : Vers le quatrième mois. J'avais arrêté d'envoyer le mémo hebdomadaire. J'avais commencé à marcher sur le plancher sans agenda. Les questions des gens ont changé — elles sont devenues plus petites, plus concrètes. C'était le signal.
Ce qu'elle referait autrement
Hélène : J'aurais nommé le deuil à voix haute, dès le premier jour, en français et en anglais. J'ai traité la mise à pied comme un événement opérationnel. C'était un événement de communauté.